Les monuments d'Égypte : pyramides, temples et trésors du Nil

Les pyramides de Gizeh en Égypte
Photo : Mona Hassan Abo-Abda · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

L’Égypte ancienne a laissé des monuments qui tiennent debout depuis plus de quatre mille ans, et d’autres que nous ne connaissons plus que par les textes. Voici un parcours du Nil, de Gizeh à la Nubie, avec les lieux, les dates et ce qu’il faut retenir de chacun.

Le plateau de Gizeh

Aux portes du Caire, le plateau de Gizeh concentre les monuments les plus célèbres de l’Antiquité. Trois pyramides royales de la IVe dynastie y dressent leurs masses de calcaire, gardées par un sphinx colossal.

  • Pyramide de Khéops — Gizeh — vers 2560 av. J.-C. — La plus grande des trois, haute à l’origine d’environ 146 mètres. Elle est restée le plus haut édifice construit par l’homme pendant près de quatre millénaires, et demeure la seule des sept merveilles du monde antique encore debout.

  • Pyramide de Khéphren — Gizeh — vers 2530 av. J.-C. — Légèrement plus petite que celle de son père, elle paraît parfois plus haute car elle est bâtie sur un sol surélevé. Elle conserve à son sommet une partie de son revêtement de calcaire poli d’origine.

  • Pyramide de Mykérinos — Gizeh — vers 2500 av. J.-C. — La plus modeste du trio, mais associée à de remarquables statues du roi retrouvées dans son temple. Sa base était partiellement habillée de granit rose d’Assouan.

  • Grand Sphinx — Gizeh — vers 2500 av. J.-C. — Statue monumentale à corps de lion et tête humaine, taillée dans un éperon rocheux du plateau. Long d’environ 73 mètres, il veille à côté des pyramides depuis la IVe dynastie.

Louxor et Thèbes

Plus au sud, sur les deux rives du Nil, s’étendait Thèbes, capitale religieuse de l’Égypte au Nouvel Empire. La rive est portait les temples des vivants ; la rive ouest, les tombeaux des rois.

  • Temple de Karnak — Thèbes (Louxor) — agrandi du XVIe au Ier siècle av. J.-C. — Le plus vaste ensemble religieux de l’Égypte, dédié surtout au dieu Amon. Sa salle hypostyle aligne 134 colonnes géantes, dont certaines dépassent vingt mètres.

  • Temple de Louxor — Louxor — édifié à partir du XIVe siècle av. J.-C. — Relié autrefois à Karnak par une longue allée de sphinx, il fut bâti notamment sous Aménophis III et Ramsès II. Ses obélisques et ses colosses marquent l’entrée monumentale.

  • Vallée des Rois — rive ouest, face à Louxor — du XVIe au XIe siècle av. J.-C. — Nécropole creusée dans la roche où furent enterrés les pharaons du Nouvel Empire, parois couvertes de textes funéraires et de scènes peintes.

  • Tombeau de Toutânkhamon — vallée des Rois — vers 1323 av. J.-C. — Sépulture d’un roi mort jeune, restée presque intacte jusqu’à sa découverte par Howard Carter en 1922. Le trésor qu’elle renfermait, dont le masque d’or, a fait la renommée mondiale du site.

La Nubie

En remontant le fleuve vers le sud, près de la frontière soudanaise, Ramsès II a fait tailler dans la falaise les temples les plus spectaculaires de son règne. Leur sauvetage au XXe siècle est resté dans les mémoires.

  • Grand temple d’Abou Simbel — Nubie, sud de l’Égypte — vers 1264 av. J.-C. — Sanctuaire creusé dans le grès par Ramsès II, dont la façade porte quatre colosses assis de plus de vingt mètres. Deux fois par an, le soleil pénètre jusqu’au fond et éclaire les statues du sanctuaire.

  • Petit temple d’Abou Simbel — Nubie — vers 1264 av. J.-C. — Dédié à la déesse Hathor et à la reine Néfertari, épouse de Ramsès II, fait rare où la reine est représentée à la même échelle que le roi sur la façade.

Dans les années 1960, ces deux temples allaient disparaître sous les eaux du lac Nasser, formé par le haut barrage d’Assouan. Une campagne internationale menée par l’UNESCO les a découpés en plus d’un millier de blocs, puis remontés une soixantaine de mètres au-dessus de leur emplacement d’origine. C’est l’un des grands sauvetages patrimoniaux du siècle.

Autres trésors

L’Égypte ne se résume pas à ses pyramides et à ses grands temples. Certains de ses monuments ont été déplacés, d’autres ont disparu, mais leur souvenir compte autant.

  • Temple de Philae — île proche d’Assouan — époque ptolémaïque et romaine, du IIIe siècle av. J.-C. au Ier siècle apr. J.-C. — Sanctuaire dédié à la déesse Isis. Lui aussi menacé par les eaux, il a été démonté puis reconstruit sur l’île voisine d’Agilkia, autre chantier de l’UNESCO.

  • Phare d’Alexandrie — Alexandrie — IIIe siècle av. J.-C. — L’une des sept merveilles du monde antique, haut sans doute d’une centaine de mètres. Détruit par des séismes entre le XIVe et le XVe siècle, il ne reste que des blocs réemployés dans le fort Qaitbay et des vestiges sous-marins.

  • Bibliothèque d’Alexandrie — Alexandrie — fondée au IIIe siècle av. J.-C. — Centre de savoir le plus célèbre de l’Antiquité, elle visait à rassembler tous les écrits du monde connu. Détruite progressivement au fil des siècles, elle n’a laissé aucune trace matérielle, mais reste un symbole de la connaissance perdue.

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Les temples d'Abou Simbel
Photo : Diego Delso · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Questions fréquentes

Quelle est la plus grande pyramide d’Égypte ?

La pyramide de Khéops, à Gizeh, achevée vers 2560 av. J.-C. Elle culminait à l’origine à environ 146 mètres et reste la plus haute des trois pyramides du plateau. C’est aussi la seule des sept merveilles du monde antique encore debout aujourd’hui.

Pourquoi les temples d’Abou Simbel ont-ils été déplacés ?

Dans les années 1960, la construction du haut barrage d’Assouan menaçait de noyer les deux temples sous les eaux du lac Nasser. Sous l’égide de l’UNESCO, ils ont été découpés en plus d’un millier de blocs et remontés une soixantaine de mètres plus haut, à l’identique.

Où se trouve le tombeau de Toutânkhamon ?

Dans la vallée des Rois, sur la rive ouest du Nil face à Louxor (l’antique Thèbes). Découvert presque intact par Howard Carter en 1922, il a livré des milliers d’objets, dont le célèbre masque funéraire en or, aujourd’hui l’une des pièces les plus connues de l’art égyptien.

Le phare d’Alexandrie existe-t-il encore ?

Non. Le phare d’Alexandrie, l’une des sept merveilles du monde antique, a été détruit par une série de séismes entre le XIVe et le XVe siècle. Certains de ses blocs ont été réemployés dans le fort Qaitbay, bâti sur son emplacement, et des vestiges reposent au fond du port.

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